Volume, tenue et lumière : le brushing est un art qui se joue dans la préparation autant que dans le geste. Les secrets d'Alexandre Zouari pour le réussir chez soi, comme au salon.

Dès la fin des années 1960, alors que régnaient encore les casques et les rouleaux, un jeune coiffeur imposait à Paris une autre idée de la coiffure : le brushing. Ce coiffeur, c'était Alexandre Zouari, et ce geste allait devenir sa signature. Plus d'un demi-siècle plus tard, la technique n'a pas pris une ride — précise, patiente, attentive à la nature de chaque cheveu. Et la bonne nouvelle, c'est qu'avec un peu de méthode, elle se reproduit chez soi. Voici, étape par étape, l'art du beau brushing.

Le bon matériel, d'abord

Un beau brushing commence par les bons outils. Inutile d'en multiplier le nombre : trois suffisent. Un sèche-cheveux puissant doté d'un embout concentrateur, qui dirige l'air avec précision ; une ou deux brosses rondes en poils mélangés, dont le diamètre détermine le résultat — large pour lisser et donner du volume souple, plus étroit pour marquer la boucle et travailler les cheveux courts ; et quelques pinces sectionnantes pour organiser le travail. Une brosse de finition douce viendra lustrer l'ensemble.

Le choix du diamètre n'est pas un détail : plus la brosse est large, plus le mouvement est ample et lisse ; plus elle est petite, plus la boucle est marquée. C'est par lui que l'on décide, dès le départ, de l'allure finale.

Tout se joue avant le séchage

L'erreur la plus commune consiste à attaquer le brushing sur cheveux trempés. Or un beau brushing commence sur cheveux essorés — à la serviette, sans frotter — puis pré-séchés à la main à environ 80 %, racines en l'air, sans brosse. Travailler un cheveu trop mouillé, c'est s'épuiser pour rien et abîmer la fibre.

Avant de sécher, on applique sur cheveux humides une noisette de soin thermo-protecteur, réparti des longueurs vers les racines. C'est l'assurance d'une fibre protégée de la chaleur et d'une brillance durable. Sur cheveux fins, on ajoute une mousse volumatrice à la racine ; sur cheveux épais ou rebelles, une crème lissante sur les longueurs.

« Le volume naît à la racine. Soulevez, dirigez l'air vers le haut, et toute la coiffure prend vie. »

Le geste, section par section

La clé d'un brushing net tient dans l'organisation. On divise la chevelure en sections horizontales : on relève le haut à la pince et l'on commence toujours par la nuque, en remontant section après section. Travailler mèche à mèche, sans précipitation, fait toute la différence entre un séchage approximatif et un vrai brushing.

Sur chaque mèche, on place la brosse ronde sous la racine, on imprime une légère tension et l'on accompagne le flux d'air chaud — toujours orienté de la racine vers la pointe, jamais l'inverse, pour lisser les écailles du cheveu et capter la lumière. On enroule la pointe sur la brosse en fin de course pour dessiner le mouvement.

Le secret des professionnels intervient ensuite : chaque mèche terminée est figée par un coup d'air froid. C'est lui, et non la chaleur, qui fixe la forme et révèle la brillance. La plupart des sèche-cheveux disposent d'un bouton dédié — il est votre meilleur allié.

Adapter le geste à sa nature de cheveu

Il n'existe pas un brushing, mais autant de brushings que de chevelures. Les cheveux fins réclament du volume : on les sèche tête en bas et on travaille la racine à la brosse large, sans alourdir les longueurs de produit. Les cheveux épais ou bouclés demandent, eux, de la maîtrise : on sépare en sections plus fines, on prend son temps, et l'on mise sur la tension de la brosse pour discipliner la matière. Les cheveux colorés ou fragilisés, enfin, exigent une chaleur modérée et un soin protecteur systématique.

Les erreurs à éviter

Quelques fautes suffisent à ruiner un brushing. Les connaître, c'est déjà mieux coiffer :

Faire durer le résultat

Le dernier secret tient à la patience. Une fois le brushing terminé, on ne touche pas ses cheveux tant qu'ils sont chauds : on les laisse refroidir quelques minutes, enroulés ou simplement épinglés en chignon lâche, le temps que la forme se fixe. On ouvre ensuite avec les doigts plutôt qu'avec la brosse, pour préserver le mouvement. Un voile de laque souple, vaporisé à distance, scelle le tout sans rigidifier.

Ainsi tenu, un beau brushing traverse la journée — et souvent la suivante. Car le vrai luxe, en coiffure comme ailleurs, c'est le temps que l'on accorde au geste juste.